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<channel><title>Images en mots ...</title>
<link>http://araucaria.fiftiz.fr/blog/</link>
<description><![CDATA[Le blog de Araucaria]]></description>
<language>fr</language>
<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 23:13:15 +0100</pubDate>
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<copyright>(c)2010 Fiftiz.fr - Tous droits réservés - Réutilisation prohibée sans autorisation</copyright>
<item><title>Chez Bouboule</title>
<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 22:41:00 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[<p>
	<span style="color: #a52a2a">Une longue nuit d&rsquo;insomnie s&rsquo;ach&egrave;ve laissant sa place &agrave; une aube cr&eacute;pusculaire encore timide. Les premiers passereaux ponctuent le ciel de leur vol saccad&eacute;, sous la lumi&egrave;re enchanteresse de la lune.</span></p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">Une fois de plus, le sommeil a perdu la raison laissant ainsi Raoul Hassoury errer parmi les esprits malicieux de quelques d&eacute;mons nocturnes, assoiff&eacute;s d&rsquo;une m&eacute;lancolie insidieuse. L&rsquo;atmosph&egrave;re est pesante et emprunte d&rsquo;une solitude aussi habituelle qu&rsquo;insupportable. Raoul enfile un pantalon et descend l&rsquo;escalier, comme pouss&eacute; par un vent l&eacute;ger, histoire de respirer l&rsquo;air matinal de la rue. Une odeur de bl&eacute; ferment&eacute; parvient &agrave; &eacute;veiller l&rsquo;organe olfactif du bonhomme. C&rsquo;est l&rsquo;appel du fournil ! Il se laisse alors guider par le bout du nez et p&eacute;n&egrave;tre dans le petit magasin. Derri&egrave;re le comptoir, se profile un semblant de chaleur humaine symbolis&eacute; par la ravissante B&eacute;reng&egrave;re. La boulang&egrave;re s&rsquo;affaire &agrave; ranger pains et viennoiseries avec une d&eacute;licatesse qui n&rsquo;&eacute;chappe pas &agrave; Raoul. Ayant senti la fra&icirc;cheur ext&eacute;rieure s&rsquo;immiscer dans sa boutique, elle redresse son corps fr&ecirc;le afin d&rsquo;accueillir son client. Un sourire aussi moelleux que ses brioches se dessine sur son doux visage presque enfantin. Cela suffit &agrave; d&eacute;loger les derni&egrave;res toiles d&rsquo;araign&eacute;es obstruant le regard t&eacute;n&eacute;breux de Raoul. Lui rendant son sourire, il lui ach&egrave;te une baguette encore toute chaude et repart s&rsquo;enivrer de l&rsquo;air de la rue, ragaillardi par sa rencontre subliminale et matinale.</span></p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">Dans les rues encore endormies, d&eacute;filent tour &agrave; tour, le livreur de journaux, le camion de poubelles ou encore une poign&eacute;e de joyeux f&ecirc;tards s&rsquo;&eacute;tant appropri&eacute; la nuit quelques heures durant. Le chien jaune, comme on l&rsquo;appelle, est l&agrave; aussi. Son allure enjou&eacute;e et la forme de sa gueule lui donnent l&rsquo;impression de sourire &agrave; la vie. Il aime, par-dessus tout, venir chercher la caresse humaine &agrave; qui veut bien la lui offrir et qui le fait se cambrer de plaisir. Il vient de nulle part et s&rsquo;&eacute;vanouit on ne sait o&ugrave;. Sa t&acirc;che quotidienne se r&eacute;sume &agrave; tra&icirc;ner de porche en porche, de r&eacute;verb&egrave;re en r&eacute;verb&egrave;re et de poubelle en poubelle. Il n&rsquo;a sans doute pas encore remarqu&eacute; celle qui se situe &agrave; sa gauche. Trop occup&eacute; &agrave; observer l&rsquo;animal, Raoul ne s&rsquo;aper&ccedil;oit qu&rsquo;apr&egrave;s, qu&rsquo;il vient de passer devant chez Bouboule.</span></p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">Voil&agrave; de nombreuses ann&eacute;es d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;il ne franchit plus le pas de cette porte derri&egrave;re laquelle il v&eacute;cut de d&eacute;licieux instants. Joseph, le patron, a d&ucirc; cesser son activit&eacute; apr&egrave;s un accident vasculaire c&eacute;r&eacute;bral qui lui fit perdre son autonomie. Lorsque Raoul entrait dans le petit bar, il accrochait le temps dans le vestibule, de la m&ecirc;me mani&egrave;re qu&rsquo;il d&eacute;posait sa gabardine au porte manteau. Joseph &eacute;tait un fou d&rsquo;avions. Aussi, avait-il d&eacute;cor&eacute; son int&eacute;rieur avec toutes sortes de vieux zincs et autres pi&egrave;ces d&rsquo;aviations venues d&rsquo;un autre &acirc;ge, d&eacute;nich&eacute;es au gr&eacute; de ses multiples p&eacute;riples &agrave; travers le monde. Ainsi, planait la vie au-dessus des nuages de fum&eacute;es d&eacute;gag&eacute;es par cigares et cigarettes. Joseph &eacute;tait le gardien de ce lieu atypique peupl&eacute; de vivants aussi disparates les uns que les autres.</span></p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">Raoul s&rsquo;installait toujours derri&egrave;re le zinc (le comptoir cette fois, pas l&rsquo;avion) d&rsquo;o&ugrave; il surplombait une salle comble. Il observait ainsi les mouvements de chacun, saisissait des bribes de conversations &ccedil;a et l&agrave;. Ou bien encore, pivotait sur son tabouret et fantasmait volontiers sur la gorge profonde et g&eacute;n&eacute;reuse de la serveuse essuyant &eacute;nergiquement les verres de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du bar. Cette opulence lui avait bien souvent fait tourner la t&ecirc;te. Mais, lorsqu&rsquo;il relevait le nez, l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; de la jeune femme brisait le r&ecirc;ve de Raoul qui baissait lentement ses yeux vitreux dans la mousse blanche de sa bi&egrave;re rousse. Qu&rsquo;&agrave; cela ne tienne ! Cet instant de d&eacute;sarroi ne s&rsquo;&eacute;ternisait jamais. Raoul &eacute;tait alors attir&eacute; par les notes joyeuses de l&rsquo;accord&eacute;oniste qui prenait un plaisir effr&eacute;n&eacute; &agrave; faire valser l&rsquo;assembl&eacute;e. Les jeunes femmes riaient aux &eacute;clats pendant les hommes mesuraient et vantaient leurs qualit&eacute;s &eacute;m&eacute;rites de s&eacute;ducteurs exp&eacute;riment&eacute;s. Dans un coin de la pi&egrave;ce, de petits groupes encha&icirc;naient des parties de billard anglais, pendant que d&rsquo;autres engageaient d&rsquo;interminables parties de cartes. Nul besoin de radiateurs dans ce cercle tr&egrave;s ferm&eacute;. La chaleur humaine suffisait &agrave; r&eacute;chauffer tous les corps, tous les c&oelig;urs et toutes les &acirc;mes, m&ecirc;me en perdition.</span></p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">A la fermeture du cabaret, chacun redescendait &agrave; sa fa&ccedil;on de son nuage. Certains d&eacute;formaient leur visage d&rsquo;un b&acirc;illement disgracieux faisant remonter leurs bacchantes, d&rsquo;autres s&rsquo;ent&ecirc;taient &agrave; tirer sur le reste d&rsquo;un cigare devenu presque m&eacute;got, tout en se d&eacute;lectant de la derni&egrave;re goutte de whisky. L&rsquo;on pouvait aussi envier ce couple fra&icirc;chement &eacute;clos se lovant au creux d&rsquo;un fauteuil de velours rouge, cherchant un instant de tendresse avant de s&rsquo;abandonner &agrave; de voluptueux &eacute;bats... Raoul, quant &agrave; lui, s&rsquo;en retournait dans le vestibule retrouver le temps et sa gabardine. Auparavant, il aura chaleureusement salu&eacute; Joseph, son ami de toujours, gr&acirc;ce &agrave; qui ses soir&eacute;es respiraient la vie et le plaisir d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave; tout simplement. Etre ensemble et se forger une m&eacute;moire collective en partageant des moments intenses. Celle l&agrave; m&ecirc;me qui nous fait avancer et qui sait si bien soigner les bleus et le blues que la vie ne manque pas de nous offrir gracieusement.</span></p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">Ce voyage au c&oelig;ur de sa m&eacute;moire dans laquelle se sont embryonn&eacute;s<sup>1</sup> mille et un d&eacute;licieux instants aura permis &agrave; Raoul de chasser la m&eacute;lancolie insidieuse inocul&eacute;e par les d&eacute;mons nocturnes, quelques heures plus t&ocirc;t.</span></p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">Il n&rsquo;en faut pas davantage &agrave; notre ami pour se r&eacute;conforter et le faire saliver &agrave; la simple pens&eacute;e de savourer sa baguette fra&icirc;che aux essences de B&eacute;reng&egrave;re&hellip;</span></p>
<p style="text-align: right">
	&nbsp;</p>
<p style="text-align: right">
	<span style="color: #a52a2a"><em>Isabelle Sanchis</em></span></p>
<p style="text-align: right">
	&nbsp;</p>
<p>
	<span style="color: #a52a2a">1 : le mot embryonn&eacute; est absent du dictionnaire. Il doit probablement s&rsquo;agir d&rsquo;une omission. Il est tellement joli !</span></p>
<div>
	<span style="color: #a52a2a">Ce texte a &eacute;t&eacute;&nbsp;inspir&eacute;&nbsp;d&#39;une image 3D de Jo&euml;l Lintz. C&rsquo;est par ici&nbsp;: <font face="Arial"><a href="http://lintz.chez-alice.fr/chezbouboule.html">http://lintz.chez-alice.fr/chezbouboule.html</a></font></span></div>]]></description>
<link>http://araucaria.fiftiz.fr/blog/10367,chez-bouboule.html</link>
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</item><item><title>Liens au fil de la toile ...</title>
<pubDate>Mon, 12 Jan 2009 22:42:00 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[<p>
	Voici quelques sites o&ugrave; il fait bon fl&acirc;ner ...</p>
<p>
	&nbsp;</p>
<p>
	<strong><u><font size="2">Photos</font></u></strong></p>
<p>
	Thierry Joigny&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<font face="Arial"><a href="http://sites.google.com/site/thierryjoigny/">http://sites.google.com/site/thierryjoigny/</a></font><font face="Arial">&nbsp;et&nbsp;<font face="Arial"><a href="http://www.myspace.com/thierryjoigny">http://www.myspace.com/thierryjoigny</a></font></font></p>
<p>
	Jo&euml;l Lintz&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <font face="Arial"><a href="http://joellintz.canalblog.com/">http://joellintz.canalblog.com/</a></font></p>
<p>
	Clics et D&eacute;lices&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <font face="Arial"><a href="http://touffutoutflamme.canalblog.com/">http://touffutoutflamme.canalblog.com/</a></font></p>
<p>
	Club Photo d&#39;Angers&nbsp; &nbsp;<font face="Arial"><a href="http://clubphotoangers.free.fr/">http://clubphotoangers.free.fr/</a></font></p>
<p>
	&nbsp;</p>
<p>
	<strong><u><font size="2">Dessins / 3D</font></u></strong></p>
<p>
	Jo&euml;l Lintz&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <font face="Arial"><a href="http://lintz.chez-alice.fr/">http://lintz.chez-alice.fr/</a></font></p>
<p>
	Phil Umdenstock&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <font face="Arial"><a href="http://www.phil-umbdenstock.com/">http://www.phil-umbdenstock.com/</a></font></p>]]></description>
<link>http://araucaria.fiftiz.fr/blog/8429,liens-au-fil-de-la-toile.html</link>
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</item><item><title>Confidences d'une nappe (en papier)</title>
<pubDate>Sun, 25 May 2008 21:49:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[<br />
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<div align="right"><em></em></div>
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</div>
<div align="justify"></div>
<div align="justify"><font color="#993300">
<div>
<div>Nous voici transport&eacute;s en terre toscane, au c&oelig;ur d&rsquo;une vall&eacute;e irrigant de ses art&egrave;res viticoles, les abords d&rsquo;un village aux effluves florentines. La qui&eacute;tude veille en reine en ces hauts lieux riches d&rsquo;une v&eacute;g&eacute;tation si caract&eacute;ristique &agrave; l&rsquo;Italie. Des collines arborent fi&egrave;rement des rang&eacute;es de cypr&egrave;s se confondant par la brume matinale, dans un ciel qui s&rsquo;irisera lentement. Cette harmonie se compl&egrave;te de rhapsodies ornithologiques et de m&eacute;lodies aux accents m&eacute;diterran&eacute;ens susurr&eacute;s par la fluidit&eacute; d&rsquo;un ruisseau. Le soleil encore bas et rougeoyant se fait l&rsquo;annonciateur d&rsquo;une journ&eacute;e chaude, sous un ciel d&eacute;livr&eacute; de toute n&eacute;bulosit&eacute;. Un chien fol&acirc;tre dans les hautes herbes gorg&eacute;es de ros&eacute;e. Il s&rsquo;aventure dans le ruisseau, sautant agilement sur les pierres arrondies et vient s&rsquo;&eacute;brouer au pied d&rsquo;un ch&ecirc;ne trois fois centenaire. Soudain, des sifflements lointains commencent &agrave; lui parvenir. Il reconna&icirc;t Giacomino, son ma&icirc;tre, et lui r&eacute;pond par quelques aboiements per&ccedil;ants. Giacomino&nbsp;! Sa bonhomie donne un &eacute;clat particulier &agrave; ses traits burin&eacute;s et son regard d&eacute;j&agrave; p&eacute;tillant. Une paille entre ses l&egrave;vres ourl&eacute;es, il part &agrave; la rencontre de l&rsquo;animal sur le chemin qui m&egrave;ne &agrave; la rivi&egrave;re. Il s&rsquo;installe sur une pierre, le regard fix&eacute; sur le liquide cristallin et s&rsquo;invite en voyage int&eacute;rieur, au c&oelig;ur des m&eacute;andres tumultueux de sa m&eacute;moire.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Tr&egrave;s vite, les bribes d&rsquo;une valse arrivent en tourbillon dans son esprit encore vaporeux, m&ecirc;lant fr&eacute;n&eacute;tiquement le corps de sa Jeanne et le sien. Puis, r&eacute;sonnent des refrains fredonn&eacute;s la veille par ses convives. M&eacute;diterran&eacute;ens enracin&eacute;s &agrave; leur terroir et anim&eacute;s d&rsquo;une m&ecirc;me flamme, dont la seule lueur suffit &agrave; r&eacute;veiller les alchimistes du bas jovinien. Leur magie se manifeste en donnant vie et corps &agrave; la nappe dont les courbes &eacute;pousent gracieusement celles des collines avoisinantes. Son enveloppe de papier devient voile argent&eacute; et le vent qui la soul&egrave;ve lui conf&egrave;re la fluidit&eacute; sensuelle d&rsquo;une danseuse. Ses formes nouvelles s&rsquo;organisent en chor&eacute;graphie &eacute;th&eacute;r&eacute;e pendant que les accords de violons laissent place &agrave; une voix de mezzo-soprano. De la communion intime de ce pr&eacute;lude aux essences d&rsquo;oliviers et de l&rsquo;espace jubilatoire ambiant, jaillit une effusion de paroles f&eacute;condes. Alors, la nappe &eacute;toile devient muse et entame un soliloque relatant le v&eacute;cu de ses derni&egrave;res heures.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>&laquo;&nbsp;Hier soir j&rsquo;en ai bu de toutes les couleurs&nbsp;! Si tu savais, Giacomino tout ce que je peux voir, entendre, sentir, essuyer. Avant que ma courte vie ne s&rsquo;&eacute;tiole, je rayonne sous le soleil couchant de cette fin d&rsquo;&eacute;t&eacute;. Les couverts viennent orner ma blancheur &eacute;clatante de leur finesse argent&eacute;e et des bouquets de roses lib&egrave;rent discr&egrave;tement leurs senteurs. Le soleil se refl&egrave;te dans le cristal des verres qui sauront appr&eacute;cier plus tard le sang de la terre. Peu &agrave; peu, je me charge de divers mets aux formes, couleurs et odeurs vari&eacute;es. Puis, les convives commencent &agrave; emplir le jardin, arrivant seuls, en couple ou par petits groupes. La chaleur accablante de cette journ&eacute;e les dirige instinctivement &agrave; l&rsquo;ombre de la tonnelle habill&eacute;e de vigne, dont les grappes encore jeunes m&rsquo;observent secr&egrave;tement. En une heure, une vingtaine de femmes et d&rsquo;hommes se retrouvent pr&egrave;s de toi. Ton visage respire le bonheur et d&eacute;j&agrave; tes yeux coruscants d&rsquo;amour parviennent difficilement &agrave; se d&eacute;tourner de ta Jeanne retrouv&eacute;e. &nbsp;Ailleurs, les paroles jaillissent, se croisent, ricochent et se font &eacute;cho. Elles naissent tant&ocirc;t de la bouche, tant&ocirc;t de ces mains latines qui fa&ccedil;onnent si bien le verbe, &agrave; leur mani&egrave;re. Puis, apr&egrave;s un ou deux verres de Chianti, chacun prend place autour de moi. Me voici cern&eacute;e. Au-dessus de moi &eacute;merge un &eacute;trange nuage nourri de l&rsquo;&eacute;loquence des paroles volubiles. Je tente fr&eacute;n&eacute;tiquement de traduire ce m&eacute;lange de mots m&ecirc;l&eacute;s de rires, mais sans grand succ&egrave;s. Le tintement des verres et des couverts nuit &agrave; ma concentration. Et bient&ocirc;t, certains me souillent, d&rsquo;autres me saoulent, pendant qu&rsquo;une poign&eacute;e me caresse en poussant des miettes. Ma blancheur &eacute;clatante se teinte d&rsquo;heures en heures. Cependant, je parviens encore &agrave; appr&eacute;cier les gouttes d&rsquo;Asti aux ar&ocirc;mes si fruit&eacute;s. Elles ont brav&eacute; le bord du verre de leur pr&eacute;tendant d&rsquo;un soir, pour venir mourir h&eacute;ro&iuml;quement sur moi. Et je me d&eacute;lecte de temps &agrave; autre, d&rsquo;une cro&ucirc;te de fromage afin d&rsquo;accompagner le divin breuvage. Ce fragment de festin dont je profite restera impr&eacute;gn&eacute; jusqu&rsquo;au plus profond de mon papier et nourrira mes songes &eacute;ternels.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Plus tardivement, apr&egrave;s avoir ing&eacute;r&eacute; des propos sal&eacute;s, j&rsquo;entr&rsquo;aper&ccedil;ois des baisers sucr&eacute;s et je devine des jambes s&rsquo;entrelacer au-dessous du banquet, mijotant les pr&eacute;mices d&rsquo;une nuit coco charnelle &hellip; Plus loin, un coin du jardin &eacute;clair&eacute; par la lune et quelques lampes &agrave; p&eacute;trole suspendues de-ci de-l&agrave;, accueille des corps valsant all&egrave;grement au rythme du violon. Et toi, Giacomino, tu fais tournoyer ta Jeanne avec ardeur pendant des heures, guid&eacute; par l&rsquo;&eacute;lan fougueux de ton c&oelig;ur&nbsp;! Seul, l&rsquo;&eacute;puisement aura eu raison de votre ballet nocturne.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Petit &agrave; petit, les rires s&rsquo;&eacute;teignent, les lumi&egrave;res se vident, le jardin se tait. Le vent l&eacute;ger se l&egrave;ve avec l&rsquo;aurore, le pr&eacute;sent devient pass&eacute;. Une paire de mains vient d&eacute;finitivement froisser mes fibres d&eacute;j&agrave; d&eacute;chiquet&eacute;es afin de les jeter au fond d&rsquo;un brasier qui fera na&icirc;tre mes cendres.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Giacomino, je ne suis plus qu&rsquo;un spectre. Un spectre qui, de son vivant, t&rsquo;aura volontiers servi. Un spectre &agrave; l&rsquo;origine de ces nouveaux fragments de m&eacute;moire qui panseront les plaies de ton &acirc;me, lorsque les pages de ta vie s&rsquo;&eacute;corneront &hellip;</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Adieu &hellip;&nbsp;&raquo;</div>
<div>&nbsp;</div>
<div align="right"><em>Isabelle Sanchis</em></div>
<div align="right">&nbsp;</div>
<div align="right"><font color="#993300">&nbsp;</font></div>
<div><font color="#993300">Ce texte a inspir&eacute; &agrave; Jo&euml;l Lintz une image 3D. C&rsquo;est par ici</font>&nbsp;: <font face="Arial"><a href="http://lintz.chez-alice.fr/toscane.html">http://lintz.chez-alice.fr/toscane.html</a></font></div>
<div></div>
<div></div>
</div>
</font><font color="#993300"><font face="Arial"></font></font></div>]]></description>
<link>http://araucaria.fiftiz.fr/blog/6051,confidences-d-une-nappe-en-papier.html</link>
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</item><item><title>ANGE</title>
<pubDate>Thu, 07 Feb 2008 22:25:00 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[<p><font face="Comic Sans MS" size="1">&nbsp;<br />
</font></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><font face="Comic Sans MS" size="1">Il y a 38 ans, naissait &agrave; Belfort un groupe qui allait devenir en quelques ann&eacute;es, un des plus grands du rock fran&ccedil;ais. A cette &eacute;poque o&ugrave; les anglo-saxons de Pink Floyd, Genesis ou autre King Crimson &eacute;taient les fleurons du rock progressif, nous go&ucirc;tions c&ocirc;t&eacute; fran&ccedil;ais, &agrave; la musique et aux paroles d&rsquo;Ange, avec un engouement qui allait croissant. Une th&eacute;&acirc;tralisation tr&egrave;s pr&eacute;sente, du texte &agrave; l&rsquo;imagination d&eacute;bordante finement mani&eacute; avec po&eacute;sie, nous menaient tout droit jusqu&rsquo;au r&ecirc;ve. Telle &eacute;tait la recette de chacun des albums. Aujourd&rsquo;hui, la recette est toujours la m&ecirc;me et Christian D&eacute;camps continue &agrave; mettre les pieds dans le plat avec le talent qu&rsquo;on lui conna&icirc;t. Il est admirablement entour&eacute; de Caroline Crozat au chant, Hassan Hajdi &agrave; la guitare, Thierry Sidhoum &agrave; la basse, Beno&icirc;t Cazzulini &agrave; la batterie, et Tristan D&eacute;camps aux claviers.</font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><font face="Comic Sans MS" size="1">Depuis ses d&eacute;buts, Ange n'a jamais cess&eacute; de tourner et nous offre encore l'univers magique de ses spectacles. Actuellement, la tourn&eacute;e des &quot;Souffleurs de Vers&quot; nous pr&eacute;sente quelques extraits du dernier album sorti en novembre 2007. On y retrouve &eacute;galement avec grand plaisir, quelques morceaux plus anciens tels que &quot;L'Ode &agrave; Emile&quot;, &quot;Aur&eacute;lia&quot;, ou l'excellent &quot;Quasimodo&quot;, pour ne citer qu'eux.</font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><font face="Comic Sans MS" size="1">C&rsquo;est en 1989 que j&rsquo;ai d&eacute;couvert Ange, &agrave; l&rsquo;occasion de la sortie de l&rsquo;album &laquo;&nbsp;S&egrave;ve qui Peut&nbsp;&raquo;. Depuis, je suis tomb&eacute;e dans la marmite et me r&eacute;gale encore et toujours de l&rsquo;&oelig;uvre ang&eacute;lique. Appareil photo en bandouli&egrave;re, je me rends autant que je le peux (donc pas assez souvent) aux concerts o&ugrave; j&rsquo;immortalise le temps et l&rsquo;&eacute;motion qui passent &hellip;</font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><font face="Comic Sans MS" size="1">Ange, c'est &quot;Le Cimeti&egrave;re des Arlequins&quot;, &quot;Au-del&agrave; du D&eacute;lire&quot;, &quot;Emile Jacotey&quot;, &quot;Par les Fils de Mandrin&quot; et aussi &quot;La Voiture &agrave; Eau&quot;, &quot;Culinaire Lingus&quot;, &quot;Les Souffleurs de Vers&quot; et bien d'autres encore ...</font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><font face="Comic Sans MS" size="1">Ange, c&rsquo;est une passion qui se partage et que l&rsquo;on retrouve par ici&nbsp;:</font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><font face="Comic Sans MS" size="1">&nbsp;</font></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><a href="http://www.updlm.com"><font face="Comic Sans MS" size="1">www.updlm.com</font></a><font face="Comic Sans MS" size="1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <font color="#808000"><strong>Site officiel du Fan-Clan&nbsp;&quot;Un Pied Dans La Marge&quot;</strong></font></font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><a href="http://www.myspace.com/groupeange"><font face="Comic Sans MS" size="1">http://www.myspace.com/groupeange</font></a><font face="Comic Sans MS" size="1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong> <font color="#808000">My Space : mettez le son</font></strong></font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><a href="http://pagesperso-orange.fr/jlraulin"><font face="Comic Sans MS" size="1">http://pagesperso-orange.fr/jlraulin</font></a><font face="Comic Sans MS" size="1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong><font color="#808000">Page perso de Jean-L&eacute;on</font></strong></font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><a href="http://spaces.msn.com/patrickgautreaufrance"><font face="Comic Sans MS" size="1">http://spaces.msn.com/patrickgautreaufrance</font></a><font face="Comic Sans MS" size="1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong><font color="#808000">Page perso de Patrick</font></strong></font></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="FONT-SIZE: 12pt"><a href="http://lintz.chez-alice.fr"><font face="Comic Sans MS" size="1">http://lintz.chez-alice.fr</font></a><font face="Comic Sans MS" size="1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<strong><font color="#808000">Page perso de Jo&euml;l</font></strong></font></span></p>]]></description>
<link>http://araucaria.fiftiz.fr/blog/4785,ange.html</link>
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